La réponse courte : parce que le lieu et l'heure font partie du travail, et que je ne sais pas les tenir à travers un écran. C'est un choix, pas une règle générale — d'autres praticiens travaillent très bien à distance, et si c'est ce qu'il vous faut, je vous orienterai plutôt que de vous faire renoncer.
Mais la question mérite mieux qu'une phrase de refus au détour d'une page pratique. Voici ce qui la fonde.
Ce que dit la réglementation
Il vaut la peine de commencer par les faits, parce qu'ils sont peu connus. Les psychologues peuvent exercer à distance, et le dispositif public « Mon soutien psy » le permet. Mais il l'encadre, et la manière dont il l'encadre est instructive.
- Le premier entretien d'évaluation doit obligatoirement avoir lieu en présentiel : il ne peut pas se faire en téléconsultation.
- Le distanciel est plafonné à 20 % de l'activité conventionnée du psychologue, apprécié sur son activité annuelle globale et non patient par patient.
- La séance doit se tenir dans un lieu qui garantit la confidentialité de l'échange, et dans des conditions assurant la sécurité des données.
- Le recours au distanciel relève d'une décision partagée, prise au cas par cas.
Autrement dit : l'institution qui rembourse ces séances ne traite pas le distanciel comme l'équivalent du présentiel. Elle en fait une exception encadrée, réservée à des situations où elle a du sens, et elle exige que la rencontre commence en personne. Ce n'est pas mon opinion, c'est le cadre en vigueur.
La confidentialité n'est pas la même des deux côtés de l'écran
Au cabinet, je réponds du lieu. Je sais que la porte est fermée, que personne n'écoute derrière, et que ce qui se dit ne sera pas enregistré. En visioconférence, je ne réponds que de mon côté : ni de la pièce où vous êtes, ni de qui s'y trouve, ni du réseau qui nous relie.
Ce n'est pas théorique. Beaucoup de gens consultent précisément à cause de ce qui se passe chez eux, ou avec les personnes qui y vivent. Leur proposer de parler depuis ce domicile-là, c'est leur demander de faire un travail au milieu de ce dont ils viennent parler. Ce que couvre exactement le secret professionnel.
Le déplacement fait partie du travail
Venir demande quelque chose : partir, traverser la ville, arriver, attendre un peu, puis repartir. Ce trajet n'est pas du temps perdu autour de la séance. C'est un sas, à l'aller comme au retour, et beaucoup de gens disent que quelque chose s'y élabore.
Une séance prise entre deux réunions, caméra allumée dans un bureau fermé à clé, n'offre pas ce sas. Elle est plus commode — et c'est précisément ce qui me fait hésiter : ce qui se travaille ici demande rarement de la commodité.
Le cadre — un même lieu, un même horaire, une régularité — n'est pas une formalité d'organisation. C'est parce que quelque chose se répète à l'identique que le reste peut se déplacer. Le cadre des consultations en détail.
Ce que je fais si vous ne pouvez pas vous déplacer
Je ne prétends pas que ce choix convienne à tout le monde. Une personne éloignée, empêchée, en situation de handicap ou dont les horaires interdisent tout déplacement a des raisons parfaitement valables de chercher autre chose.
Je vous invite à m'appeler malgré tout pour que nous étudiions un éventuel aménagement. Si cela s'avère impossible, je vous aiderai à trouver une autre orientation. Trouver un professionnel qui vous correspond et avec qui le contact est possible est bien plus important que de viser un cadre idéal mais inaccessible. L'accès au cabinet, le tram et le stationnement.
Sources
- Le parcours de prise en charge d'un patient dans le cadre de Mon soutien psy — Assurance Maladie (ameli.fr) — espace psychologue, vérifié le 2026-09-08
- Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy — Assurance Maladie (ameli.fr)
- La téléconsultation — Assurance Maladie (ameli.fr)
